La relation thérapeutique

Comme certaines d’entre vous le savent déjà, je suis naturopathe en formation. C’est tellement émouvant de constater que de plus en plus de personnes connaissent un.e naturopathe ou se questionnent sur leur envie d’en consulter un.e.

Je pense m’être déjà exprimée sur le sujet mais j’aime redire que je ne suis pas du tout contre la médecine allopathique. J’ai d'ailleurs moi-même travaillé 5 ans pour un cardiologue et je me rappelle avec beaucoup d’émotions que même si à l’époque, ce n’était pas moi le soignat, j’affectionnais déjà la relation thérapeutique. Et à mon niveau, j’ai pris beaucoup de plaisir durant ces 5 années à accueillir, créer un lien de confiance, écouter et observer, faire preuve de compréhension… En bref, c’est toujours avec la probité requise que j’ai participé à la prise en charge de toutes ces personnes qui venaient dans notre cabinet de cardiologie pour nous “confier” leur santé. 

Soigner ou traiter : y a-t-il une différence ?

Ceci étant dit, comme beaucoup d’entre vous, 2022 a sonné chez les Druidesses et est venu le temps de plancher sur les articles que nous avions envie d’écrire et vous partager pour votre boite à outils bien-être 2022. Et pour débuter cette nouvelle année, j’ai eu envie de vous parler de la relation thérapeutique car pour moi c’est la pierre angulaire de la relation soignant/soigné.e. Comme le souligne Marc Zaffran dans son livre Le patient et le médecin, “soigner ne se définit pas par la gravité de ce qui motive le soin ou le statut ou les diplômes de la personne qui le dispense. Soigner celui qui souffre, c’est faire un ou des gestes porteurs de soulagement, d’apaisement ou de réconfort (l’effet placebo encore, «l’effet médecin» décrit par Balint et confirmé depuis par de multiples études). C’est réduire sa dépendance, son assujettissement à ce qui le mine. C’est l’aider à s’affranchir de la souffrance, en tout ou en partie. Traiter (donner un traitement), en revanche, consiste à effectuer un geste ou une action spécifiques visant un symptôme ou une maladie particuliers – par exemple : administrer un antidouleur; effectuer un massage cardiaque; retirer chirurgicalement une tumeur. Traiter n’apporte pas toujours un réconfort : un traitement impose parfois de recourir à des gestes violents et invasifs (pratiquer une injection, réduire une luxation ou une fracture, retirer un organe). Par conséquent, traiter fait partie de la démarche de soin mais n’est pas syno­nyme de soigner : on peut soigner sans traiter ; on peut aussi, malheureusement, traiter sans soigner.”

 

Créer le lien thérapeutique : pourquoi ? comment ?

C’est très intéressant de voir comment la relation thérapeutique, la relation d’aide, l’écoute que le soignant peut apporter au soigné vient imbriquer ma vision de la médecine : de quoi a besoin une personne qui souffre ? D’un traitement ou d’un soin ? Et bien plus j’avance dans ma formation et plus il m'apparaît important que traiter n’est pas plus important que soigner et l’inverse également. Ce qui m’anime (en partie) dans mon désir de devenir naturopathe c’est de prendre le temps d’être à l’écoute de la personne qui aura choisi de me consulter pour optimiser son capital santé ou parce qu’elle verra en la naturopathie une formidable opportunité de marcher main dans la main avec la médecine allopathique pour lui apporter traitements et soins totalement adaptés à son état de santé.

 C’est bien beau tout ça vous pourriez me dire mais comment construit-on la relation thérapeutique ? Comment s’installe la relation d’aide entre le.la naturopathe et le participant ?

Dans ma formation de naturopathe agréée, j’ai eu la chance à l’automne dernier de me former à la relation d’aide et cela a définitivement consolidé mon expertise et mon expérience de la relation thérapeutique que j’ai hâte de mettre en place avec mes participants lorsque je serai diplômée. 

Comme certains d’entre vous le savent déjà, la loi n’autorise pas actuellement aux naturopathes de dire qu’ils reçoivent des patients en consultation. Et vous savez quoi ? Plus j’avance dans ma formation, réflexion, éthique et plus cela me convient. En effet, ce qui m’anime dans le fait de devenir naturopathe c’est de redonner un pouvoir, une souveraineté aux personnes : qu’ils soient souverains de leur corps, de leur cœur et de leur âme. Et pour être souverain, ça prend d’être actif et autonome. Comme le dit un célèbre proverbe chinois “Prends soin de ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester”. Alors définitivement, je ne demanderai pas aux personnes qui feront le choix de me choisir comme naturopathe, d’être patient mais bien de participer activement au chemin que nous élaborerons ensemble pour qu’il capitalise au quotidien leur santé ou qu’ils retrouvent un équilibre perdu. 

 

Et parce que le lien thérapeutique c’est aussi être capable de rentrer en contact avec le monde de l’autre, cela prend du temps : le temps d’écouter, d’observer, de faire preuve de compréhension, le temps d’identifier le besoin. Il peut même s’agir d’aider la personne à reconnaître et à accepter son besoin avant même de la soutenir dans l’action. Aussi, les premières consultations en naturopathie que l’on appelle le temps de l’anamnèse durent généralement 1h30. Car oui cela prend du temps d’écouter la personne, de connaître ses antécédents, ceux de ses parents s’il y a etc etc… C’est aussi le temps de créer du lien car ce n’est pas en quelques minutes que l’on parle d’une des choses les plus importantes que nous avons : notre santé.



Vous offrir un cadre sécurisant pour révéler votre capital santé.

Ainsi je ne peux que vous recommander de prendre rendez-vous avec un.e naturopathe agréée car cela sera le gage que le.la professionnel.le de santé que vous aurez choisi est diplômé.e. Comme le précise le site de l’ANAQ, tous leurs membres ont reçu “une en naturopathie d’un minimum de 1280 heures dans une école qui (...) offre une formation avancée en anatomie, physiologie, pathologie, microbiologie, nutrition, plantes médicinales, évaluation clinique et déontologie et 400 heures clinique pour un total de 1680 heures.” Ainsi, le site de l’Association des Naturopathes Agrées du Québec est une bonne façon de trouver des naturopathes agréés.

Pour finir, je dirais qu’il y a autant de liens thérapeutiques possibles qu’il y a de thérapeutes tant et aussi longtemps que le thérapeute sera authentique avec vous dans sa manière de vous aider, accompagner ou guider. Car même si la relation thérapeutique est une relation asymétrique dans le sens où le participant vient chercher l’expertise du naturopathe, il n’en demeure pas moins que la personne qui consulte doit participer activement dans la recherche de solutions pour optimiser sa santé globale ou retrouver un équilibre perdu. Comment le faire ? A quel moment le faire ? Le naturopathe s'ajuste à votre rythme pour vous apporter un cadre sécurisant dans lequel vous pourrez vous révéler à vous-même ou vous retrouver en santé sur un plan holistique c’est-à-dire tant sur le plan physiologique qu’émotionnel. 

 

N’oubliez jamais que peu importe le parcours de vie, les diplômes, l’expertise, personne n’est parfait. Mais vous pourrez avec l’aide votre professionnel de la santé, vous réajuster en fonction de vos problématiques et c’est cela le plus important. 

Et puis dans tout ce parcours, dans ces avancées, ces pauses, ces sensations d’échecs que vous pouvez rencontrer, je vous invite chaque fois que vous en aurez besoin à faire appel à votre corps et prendre quelques instants pour vous reconnecter sur votre musique corporelle : “1.2.3… Inspirez, 3.2… Expirez et recommencez”. Concentrez-vous sur votre respiration et votre coeur s’apaisera. 

Prenez soin de vous.


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